Le documentaire cherche sa voie dans un paysage télévisuel mutant

Par Isabelle Repiton, journaliste


smallIsabelle Repiton
est journaliste économique, spécialisée sur l'économie des médias, de l'audiovisuel, des industries créatives et du numérique. Diplômée de Sciences Po Paris et d'un troisième cycle d'histoire contemporaine, elle a débuté dans la presse spécialisée (Stratégies, Sonovision, Broadscast), puis rejoint en 2000 le quotidien économique La Tribune, à la rubrique Technologies et médias. En 2009, elle devient rédactrice en chef adjointe de cette rubrique. Depuis 2011, elle travaille comme journaliste indépendante et collabore à diverses publications, L'Écho (Bruxelles), Libération, Télérama, Electron libre, Alliancy le mag, Ina Global....
 
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Les chaînes de télévision sont les principaux diffuseurs du documentaire. Le paysage audiovisuel s’est extraordinairement diversifié, générant une explosion du genre sur les écrans de télévision. Cette situation est favorable au documentaire et au tissu créatif, mais n’est-elle pas aussi le signe d’une certaine dissolution des frontières du genre vers le divertissement ou l’information ? Pour explorer cet univers du documentaire télévisuel, Isabelle Repiton propose un tour d’horizon très complet du monde de la programmation : chaînes publiques, chaînes privées gratuites, chaînes thématiques, chaînes locales, autant de politique éditoriales et de modes de financement. Sans oublier les politiques de diversification vers de nouvelles écritures transmédia, avec l’apparition de plateformes web et l’éclosion du webdocumentaire.
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Toujours plus de documentaires sur les écrans de télévision, c’est le constat tiré du bilan du Centre national du cinéma (CNC), « Le marché du documentaire en 2012 » : « En 2012, le volume de documentaires proposés sur les chaînes nationales gratuites (TF1,France 2, France 3, France 5, M6, Arte, Direct 8/D8, W9, TMC, NT1, NRJ12, France 4, Gulli) s’est élevé à 13 071 heures selon Médiamétrie »1 . Soit une progression de 6,7 % par rapport à 2011. Et encore, la donnée de Médiamétrie n’inclut-elle pas La Chaîne Parlementaire, dont 20 à 30 % de la grille est constituée de documentaires et magazines, ni France 4, ni France Ô, devenue la deuxième chaîne du groupe France Télévisions en volume de diffusion de documentaires.

Le documentaire semble donc avoir de plus en plus d’opportunités à être produit et diffusé sur des chaînes dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années. Reste à savoir quel type de documentaire, sur quelle chaîne et pour quelle politique éditoriale.
 

Quelle place pour le documentaire sur les chaînes de télévision ?

Après la fiction télévisuelle et les magazines, le documentaire est le troisième genre le plus diffusé par les treize chaînes gratuites nationales en 2012 : il a représenté 11,5 % de leur offre de programmes. Soit une proportion plus de deux fois supérieure à sa consommation effective par les téléspectateurs selon Médiamétrie. Le documentaire recueillait en effet 5,7 % de l’audience de ces chaînes en 2012, se classant derrière la fiction, les magazines, les jeux, les journaux télévisés, la publicité.

Médiamétrie ne prend pas en compte non plus l’offre des chaînes payantes : Canal+, et les chaînes thématiques spécialistes du genre — Discovery Channel, Planète+ et ses déclinaisons (Justice, No Limit, Thalassa), Chasse et Pêche, Histoire, National Geographic Channel, Ushuaïa TV, Voyage, Stylia, Animaux, Encyclo, Escales, Montagne TV, Toute l’histoire.
Selon le dernier Guide des chaînes numériques paru en mars 20132 , le documentaire représentait en 2011 80 % de la grille des quatorze chaînes payantes spécialisées. Et sur les huit chaînes généralistes payantes, documentaires et magazines occupent 29 % du temps d’antenne.

Bénéficiant d’une exposition bien supérieure à la consommation du public, le documentaire est aussi le genre le plus aidé à la production. En 2012, 2 921 heures ont été aidées par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), selon le bilan 2012 du « Marché du documentaire »3 , un niveau record, contre 768 heures pour la fiction et à peine 300 pour l’animation. Ainsi, plus de 56 % des heures de programmes aidés par le CNC sont des documentaires. Les chaînes de télévision ont aussi augmenté en 2012 leur apport au financement de 17,9 % par rapport à 2011 à 223 millions d’euros, couvrant en moyenne 51 % des devis.

Et pourtant, producteurs et documentaristes se sentent souvent maltraités par les diffuseurs. « Le blues du documentaire » titrait le cahier Radio-Télévision du Monde, le 17 juin 2013. Des producteurs y dénonçaient la « standardisation, l’industrialisation, la normalisation » du genre par des chaînes de télévision frileuses, refusant toute prise de risque hors des sentiers battus, tant en termes de sujets que de forme4 .
Les échanges entre producteurs et auteurs d’une part, diffuseurs télévisuels de l’autre – en particulier France Télévisions, premier diffuseur et contributeur au financement du documentaire — au dernier Sunny Side of the Doc, à La Rochelle du 25 au 28 juin 2013, ont parfois été vifs.

L’étude présentée à cette occasion par la Scam (Société civile des auteurs multimedia) — selon laquelle « un téléspectateur qui veut voir des documentaires doit dormir très tard… ou ne pas dormir » — calcule que 74 % de l’offre documentaires de France 2 et 45 % de celle de France 5 sont diffusées après minuit5 . Recensant les seuls « documentaires unitaires », dits « de création », et mélangeant inédits et rediffusions, cette étude a fait sortir de ses gonds Pierre Block de Friberg, directeur de l'antenne et des programmes de France 5, qui s’est emporté à la conférence de presse de la Scam au Sunny Side à La Rochelle le 26 juin 2013 : « Ça suffit. Ce n‘est plus acceptable. On se bat pour exposer le documentaire ».

De son côté Fabrice Puchault, directeur de l’unité documentaires de France 2, a répondu à la Scam que : « la case "Infrarouge" démarre en moyenne à 22 h 49. Sauf actualité exceptionnelle qui prolonge les tranches d’information, il n’y a jamais d’inédits qui démarre après minuit sur France 2. Avec deux cases hebdomadaires, nous sommes la seule chaîne européenne à exposer autant le documentaire. Cela n’existe ni sur la BBC, ni sur la ZDF. » De son côté, l’Uspa (Union syndicale de la production audiovisuelle) a dénoncé l’explosion des documentaires « de société », dont le volume de production est passé de 900 à près de 1 700 heures de 2008 à 2012, au détriment de tous les autres genres : animaliers, historiques, scientifiques…

Le malaise vient aussi de la définition extensive du genre, qui fragilise le documentaire d’auteur. Par exemple, ce sont les chaînes nées avec la TNT (télévision numérique terrestre) en 2005 qui sont à l’origine de l’inflation des documentaires de société. Le nombre d’heures de documentaires de société qu’elles ont initiées a en effet plus que doublé, passant de 415 heures en 2008, selon le bilan du CNC, à près de 1 100 heures en 2012. En tête de cette tendance, NRJ 12 avec sa quotidienne « Tellement Vrai », rapides portraits de 20 minutes de personnages exposant leur problème : une agoraphobe, un obèse… Autre genre en vogue sur la TNT, l’investigation, qui consiste en fait à suivre des équipes policières : « 90’ Enquêtes » sur TMC, « En quête d’actualité » ou « Au cœur de l’enquête » sur D8, « En quête d’action » sur W9, autant de magazines frisant la télé-réalité, qui ont obtenu le « label » documentaire leur donnant accès aux aides…

En mars 2012, dans Le Monde, Jean-Xavier de Lestrade, alors président de la Scam, constatait à propos de la définition du documentaire que « la définition officielle est si large que des reportages sans point de vue, très rapidement tournés, pour un coût très bas, obtiennent ce label. À tort. […] En fait, le terme est tellement flou qu’il permet surtout à nombre de chaînes d’affirmer qu’elles remplissent leurs obligations de création quand elles ne produisent que des magazines »6 .

Si le volume de « documentaires » produits pour W9, NRJ12, D8 et TMC a augmenté de 454 % en 4 ans, la quasi-totalité de ces programmes est déclarée par leurs auteurs dans le genre « Reportages » auprès de la Scam, remarque l’Uspa. D’où la mise en chantier d’une réforme au soutien du genre, qui prendra davantage en compte les temps de tournage, montage… pour que le financement du CNC soutienne davantage les œuvres de création, que les reportages et interviews rapides, dont l’inflation peut finir par assécher le Compte de soutien à l’industrie des programmes audiovisuels (Cosip).

La Scam comme l’Uspa reconnaissent que les chaînes publiques, France Télévisions et Arte, sont les meilleurs soutiens du documentaire de création. Leur apport à la production représente 64 % du total des apports des diffuseurs en 2012. Ce qui les rend incontournables et, du même coup, objets de toutes les critiques. Aux accusations de « formatage, d’interventionnisme » abusif sur les œuvres, Dana Hastier, directrice de l’unité documentaire de France 3, a répondu au Sunny Side of the Doc 2013 en revendiquant d’être « un éditeur de programmes, qui fait des choix. Le documentaire est le lieu du sens, de l’exigence et d’une haute responsabilité. Il n’y pas de formatage mais on se préoccupe du public envers lequel nous avons une responsabilité »7 . Les diffuseurs revendiquent aussi la liberté de choisir la forme. Comme celle du documentaire « incarné », avec un présentateur ou animateur à l’antenne dont le spectateur suit les découvertes ou les expériences dans diverses contrées —« Rendez-vous en Terre inconnue » sur France 2 ou « J’irai dormir chez vous », ou encore « Nus et Culottés » sur France 5 — , qui doit faciliter l’accès au public et contribuer à l’identité de chaque chaîne. Mais ce format, pour certains auteurs, est une entrave à la création.

L’effort financier de France Télévisions et d’Arte en faveur du documentaire s’est renforcé ces dernières années, tout comme le soutien du Cosip dont les ressources progressaient. Mais la précarité et les restrictions du financement de l’audiovisuel public, la concurrence accrue qu’il affronte avec la multiplication de chaînes gratuites sur la TNT, les ponctions répétées de l’État sur le budget du CNC suscitent des inquiétudes pour l’avenir. La situation des chaînes thématiques payantes, spécialisées dans le documentaire — longtemps soutiens complémentaires mais indispensables au genre, fenêtres de liberté pour la création et terrains d’accueil pour jeunes réalisateurs — est elle aussi fragilisée, par la concurrence de chaînes gratuites plus nombreuses et de grands réseaux internationaux comme Discovery, National Geographic…

Autre nuage, la tendance au repli sur des sujets nationaux, y compris de la part de grandes chaînes publiques européennes, affecte le développement de grandes coproductions internationales.

Enfin, la notion de cinéma du réel, de documentaire d’auteur, que continuent à défendre les professionnels en France, est battue en brèche sur les marchés internationaux par une préférence pour des formats accrocheurs, qui privilégient le spectaculaire et le divertissement.

Comparativement moins coûteux à produire que d’autres genres, le documentaire devrait toutefois être moins impacté économiquement.
 

Politiques éditoriales des chaînes publiques

Pour les chaînes publiques, « le documentaire est un marqueur essentiel d’un certain lien avec le téléspectateur. On fait appel à son intelligence, on lui apporte un enrichissement et une réflexion qui produit un retour sur lui-même, explique Fabrice Puchault, directeur de l’unité documentaire de France 2. Dans l’univers numérique où la concurrence est exacerbée, nous pensons que le documentaire a une valeur particulière, singulière »8. L’inverse d’une mise en disponibilité du temps de cerveau, donc, et un signe distinctif pour les chaînes publiques.


• Arte : un genre prioritaire

Arte considère le documentaire comme un genre prioritaire. Il occupe 45 % de sa grille, soit quelque 80 heures de programmation par semaine, même s’il ne recueille que 30 % de l’audience. En 2012, la hausse du budget programmes d’Arte, autorisée par celle de la redevance, a été consacrée pour moitié au documentaire (soit 9 milions d’euros). Arte France a investi 42 millions d’euros dans ce genre en 2012 et la chaîne Arte, y compris sa composante allemande, 88 millions. Car, pour chaque case, France et Allemagne proposent chacune 40 % des programmes, les 20 % restants étant initiés au siège d’Arte à Strasbourg.

Arte accompagne, depuis sa naissance, le documentaire d’auteur. La case « La Lucarne », en fin de soirée le lundi, continue depuis sa création en 1997 à exposer la production indépendante d’auteurs du monde entier. Dans l’entreprise de rénovation de la chaîne engagée depuis l’arrivée à la direction de Véronique Cayla (janvier 2011) 9, l’ambition a été de « recouvrir toute la diversité du documentaire sur notre antenne » détaille Vincent Meslet, directeur éditorial d’Arte France10 . Les dix-neuf cases récurrentes programmées chaque semaine laissent place à une pluralité de formats : soirées « Théma » ou événementielles en première et deuxième partie de soirée (90 minutes ou 2 x 52 minutes), programmes plus courts comme les séries « Découverte » sur la nature du lundi au vendredi à 19 heures, unitaires, séries, collections. Pluralité des sujets et des formes aussi. Au Sunny Side of the Doc, lors d’un déjeuner de presse, Vincent Meslet a présenté les cinq piliers de l’offre documentaire d’Arte.

- Les grandes signatures, avec des films grand format et de « puissants regards d’auteurs », parfois coproduits avec la filiale Arte Cinéma. On a déjà vu en 2013 « Assistance Mortelle » de Raoul Peck, sur l’échec de l’assistance humanitaire en Haïti. On verra « L’image Manquante » de Rithy Phan, sur les khmers rouges, prix Un certain regard à Cannes, ou encore un film de David Teboul sur Brigitte Bardot, « BB par BB ».

- La culture sous toutes ses formes, le mercredi en deuxième partie de soirée, ou dans une nouvelle case ouverte en 2012 au documentaire culturel le dimanche à 16 h 30, ou encore dans des événements d’antenne (autour de Picasso à la rentrée 2013), l’offre tente de couvrir tous les arts et les styles. À la rentrée 2013, Arte annonce une série sur « L’Europe des écrivains » (9 x 52 minutes), un film sur la Beat génération de Jack Kerouac, une plongée au cœur du Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) à Marseille, un 52 minutes sur le chant lyrique, ou encore un grand film sur Verdi avec la soprano Nathalie Desay, « Passion Verdi ». La culture populaire est invitée le samedi en deuxième partie de soirée, sous le label « Pop Culture », sous forme d’unitaires de 52 minutes ou de mini-séries en trois ou quatre volets, explorant la danse, le tatouage, Berlin et la techno…

- Avec l’investigation, particulièrement sur des sujets économiques, Arte s’attaque au défi de la mise en images d’enquêtes et de sujets complexes : de Goldman Sachs ou l’empire Mittal à l’évasion fiscale, en passant par le quotidien des traders, la dette, le commerce des armes, le scandale des déchets électroniques. Une nouvelle « revue documentaire » trimestrielle d’une heure trente en partenariat avec le magazine « Alternatives économiques » promet un déchiffrage de notions d’économie : chômage, croissance…

- La science a sa case hebdomadaire le jeudi soir à 22 h 30, mais la volonté éditoriale de faire connaître les dernières avancées de la recherche se traduit aussi par des programmations en première partie de soirée dans des soirées « Théma », telle celle consacrée à la fabrication de viande de synthèse (in vitro).

- Le bimédia et le webdocumentaire, « nouvelle frontière du documentaire » pour Vincent Meslet. Les plateformes Arte.tv, Arte Creative, Arte Future prolongent la plupart des documentaires avec des contenus additionnels, des inédits, des jeux… Depuis « Prison Valley » en 2010, « Alma, Une enfant de la violence » en 2012, Arte continue à expérimenter les nouvelles formes de narration pour le webdocumentaire. Cette création web plus libre constitue un vivier de nouveaux talents et de projets pour l’antenne.

La contrepartie de la diversité et de la largeur de l’offre d’Arte, souvent constituée de films unitaires, c’est le risque de manque de visibilité et de clarté. La chaîne s’efforce de proposer des rendez-vous réguliers (séries, collections) ou, au contraire, de créer l’événement autour d’un programme. Vincent Meslet met l’accent sur l’importance du « marketing » de la programmation. Ainsi pour « The Gatekeepers », réalisé par Dror Moreh, témoignage de six anciens chefs du Shin Beth, le service de sécurité israélien, nominé aux Oscars et coproduit par Arte, la chaîne a très largement communiqué, en amont de la diffusion (mars 2013).

Pour conserver sa singularité, Arte limite les acquisitions et préfère développer des coproductions internationales pour « explorer des sujets qui viennent moins naturellement du marché français », selon Vincent Meslet. Malgré les apports de l’Allemagne, qui réduit la nécessité du recours au marché international, « nous essayons de nous ouvrir avec une volonté timide mais tenace d’être une vraie source de coproduction », explique-t-il 11.


• France Télévisions : un genre central

Sur France Télévisions, « le genre documentaire est central. Sa présence ne tient pas à une question d’obligation de quotas ou de contraintes. Il est au coeur de la notion même de service public, au coeur de la création. » déclare le « Manifeste pour le documentaire » édité par le groupe public en 2012 12. France Télévisions est le « champion » du documentaire, assure Bruno Patino, son nouveau directeur général délégué aux Programmes, aux Antennes et aux Développements numériques, qui dressait à La Rochelle, au Sunny Side of the Doc 2013, le bilan 2012 du groupe public : 7 700 heures diffusées (+ 5 % par rapport à 2011 ), dont 830 en première partie de soirée (+ 33 %), 109 millions d’euros investis (+28,7 %) dans le financement de 1 045 heures. En 2013, au moment de renouveler son accord avec les syndicats de producteurs sur le documentaire, France Télévisions promet de maintenir le niveau de ses engagements, malgré les restrictions budgétaires.

Réfutant tout formatage sur la forme et sur le fonds, le groupe s’efforce néanmoins de donner une identité à chacune de ses chaînes. Il a mis en ligne dans un guide détaillé à l’usage des producteurs, sa politique documentaire, chaîne par chaîne 13. La refonte de l’organisation du groupe a mis fin à la centralisation des unités par genre de programmes, et les responsables documentaires ont retrouvé une large autonomie, mais ceux de France 2, 3 et 5, notamment, se réunissent régulièrement et se coordonnent pour le traitement de grands événements, comme la guerre d’Algérie, la première guerre mondiale… Ainsi, sur 26 films diffusés en 2012 sur les antennes de France Télévisions autour de la guerre d’Algérie, « aucun n’était similaire à l’autre » affirme Fabrice Puchault.

- France 2 propose depuis 4 ans trois cases documentaires régulières : « Infrarouge » en seconde partie de soirée, sur la société française, « Grandeurs nature », avec des films animaliers le dimanche après-midi, et une dizaine de fois par an, des films « événements » en première partie de soirée. Après la série « Apocalypse. La 2ème guerre mondiale » (6 x 52 minutes), réalisée à partir d’archives inédites de la seconde guerre mondiale, en 2009 14, France 2 prépare une autre série « Apocalypse » sur la guerre de 14-18 (5 x 52 minutes), et une série sur « La Destruction des juifs d’Europe » (8 x 52 minutes) de William Karel.

Une centaine de documentaires inédits est ainsi diffusée chaque année, et sauf événement exceptionnel, avant minuit. « Soit plus qu’aucune chaîne européenne de la taille de France 2. Ni la BBC, ni la ZDF n’en font autant » souligne Fabrice Puchault 15. Mais France 2 est un média de masse et l’objectif est clairement de toucher le plus large public. L’équation de France 2, c’est de réussir à « traduire la complexité du réel, tout en s’adressant à un large public » poursuit-il 16. Plus que le sujet, ce qui prime à ses yeux, c’est « le récit, le point de vue, la façon d’organiser des fragments du réel pour produire une histoire. C’est ce qui distingue le documentaire de l’information et lui donne une valeur patrimoniale ». Même si la frontière est parfois ténue, les documentaires présentés dans des magazines d’information comme « Envoyé Spécial » ne répondent pas aux mêmes attentes, aux mêmes codes et à la même appréhension du temps que ceux que propose l’unité documentaires de France 2, selon Fabrice Puchault. Si « Infrarouge », tourné vers la société française, est par nature peu ouvert à des coproductions internationales, celles-ci sont en revanche vitales pour « Grandeurs nature », alimentée à seulement 40 % par des achats. Les temps de tournage et de financement du documentaire animalier sont longs et, même à l’international, l’offre est réduite. « La BBC pour sa case « Natural World » en initie une douzaine par an. France 2 en cofinance treize ou quatorze » précise le directeur de l’unité.

Sur les grands événements de première partie de soirée, à condition qu’ils aient une envergure internationale, la coproduction internationale est aussi essentielle, vu l’ampleur, et donc les coûts, des projets. Ainsi, de nombreuses chaînes françaises et étrangères ont participé au financement de la première série « Apocalypse », aux côtés de France 2 : National Geographic Channels, NDR Norddeutscher Rundfunk, WDR, MDR, SWR, NHK, TV5Monde, RTBF, TSR, Planète… Des discussions sont en cours avec la BBC pour un projet sur l’esclavage.

Dans l’univers numérique, la place du documentaire ne peut plus se limiter à l’antenne. C’est un genre très regardé en télévision de rattrapage. Une case comme « Infrarouge » a vu son niveau de consultation en catch-up tv (télévision de rattrapage) progresser de 100 % au 1er semestre 2013. France 2 veut aussi développer les relais sur d’autres médias dans le cadre de partenariats, comme elle le fait avec France Culture pour « Au bonheur des riches » (2 x 70 minutes), série tirée des travaux des sociologues Monique et Michel Pinçon, ou avec Europe 1 pour la série de Laëtitia Moreau, « Génération Y » (2 x 70 minutes, sur : devenir adulte dans la France des années 2010). D’autre part, pour prolonger l’expérience du téléspectateur sur les réseaux sociaux, France 2 va systématiser les invitations à tweeter en direct pendant la diffusion de ses documentaires, avec les producteurs et réalisateurs.

Sur les grands projets de première partie de soirée qui se construisent sur une longue durée, la chaîne finance une partie du développement. Ce n’est pas le cas systématiquement pour « Infrarouge ». Mais pour explorer de nouvelles écritures, France Télévisions lance à l’automne 2013 un concours de formats courts en ligne, dont les lauréats seront diffusés dans « Infrarouge » et pourront éventuellement signer une convention de développement pour un projet.

- France 3 a fait de l’histoire contemporaine son champ privilégié, en matière documentaire, avec trois cases : « Histoire immédiate », « La Case de l’Oncle Doc » et « Docs interdits », principalement réservée à des unitaires d’auteur. Repoussée le lundi à 23 heures en mars 2013 après l’allongement du « Soir 3 », la case des « Docs Interdits » retrouve à la rentrée 2013 une programmation moins tardive en seconde partie de soirée, le vendredi, après un « Thalassa » écourté. Au total, une centaine d’inédits sont ainsi proposés chaque année au téléspectateur.

Une quinzaine de fois par an, France 3 programme une soirée spéciale avec 3 heures de documentaires en continu sur un thème de l’histoire politique récente. Après « Nicolas Sarkozy , les secrets d’une présidence » (documentaire de Franz-Olivier Giesbert réalisé par Laurent Portes, diffusé en mai 2013 dans la case « Histoire immédiate ») , ou « DSK, l’Homme qui voulait tout » (documentaire de Gérard Miller et Anaïs Feuillette, diffusé en mars 2013 dans « Histoire immédiate »), France 3 explore à la rentrée 2013 l’an II de François Hollande, l’affaire Cahuzac, Bernard Tapie, « Ces soirées peuvent rassembler 2 à 3 millions de téléspectateurs. Les auteurs et réalisateurs doivent nous aider à être accessible au public. Tout n’est pas diffusable en prime time et d’ailleurs on reçoit assez peu de projets destinés à ce créneau, les auteurs ont peur du "prime" » commente Dana Hastier, directrice de l’unité documentaire de la chaîne 17.

Histoire politique, grands événements de l’histoire contemporaine (commémoration de la guerre de 14 à venir), grandes sagas industrielles (après Renault, Citroën, viendra la famille Dassault), France 3 inaugure à la rentrée 2013 un nouvel axe éditorial : une « radioscopie de la France », à travers l’inégalité de ses territoires — entre les vingt-cinq grandes agglomérations françaises où vivent 40 % de la population et le reste du pays, invisible — qui crée de « Nouvelles fractures sociales » (90 minutes, produit par Christophe Nick). Une problématique que Dana Hastier aimerait décliner en collection. La France, ce sont aussi ses villes nouvelles (« Chanteloup les Vignes », 2 x 70 minutes), ou « Le Scandale de la France mal Logée».

Les critiques récurrentes sur l’absence de prise de risque des chaînes sont, pour Dana Hastier, « insupportables. On n’est pas politiquement correct en abordant les fractures sociales, l’histoire de la collaboration… Certes, nous sommes plutôt franco-français. Nous devons répondre aux attentes d’un public plutôt populaire. Mais on prend des risques, nos audiences, inégales, le montrent. Sur vingt-deux soirées de "prime time" programmées, un tiers ont fait une audience inférieure à la moyenne de la chaîne. Notamment, celles consacrées au Printemps arabe ou à Obama. En faisant principalement des unitaires, et quasiment pas de séries, nous faisons travailler davantage d’auteurs. Et on a fait émerger de nouveaux auteurs, comme Virginie Linhart, Hugues Nancy…. ». Dana Hastier reconnaît que la chaîne est plus directive quand il s’agit d’un documentaire pour le prime time, notamment pour rendre le commentaire plus compréhensible à un large public. Une contrepartie à l’engagement financier de la chaîne : sur un investissement de 23 millions d’euros en 2012 pour le documentaire, France 3 module son apport selon les cases de diffusion. Il va de 250 000 à 400 000 euros pour le prime time à 120 000 – 150 000 pour un 52 minutes de deuxième partie de soirée.

Par son positionnement, France 3 ne cherche pas systématiquement les coproductions internationales, qui se limitent à quelques projets, avec la BBC, PBS ou la NHK (pour des films sur Hiroshima, le 11 septembre, le nucléaire). À l’heure où un peu partout dans le monde, les télévisions publiques sont confrontées à des difficultés financières, ces collaborations, même occasionnelles, sont à ménager. « Nous avons envie de garder des relations avec la NHK » commente Dana Hastier.

L’antenne nationale nourrit aussi sa « Case de l’oncle Doc », qui, le lundi soir après le « Grand Soir 3 », à la rentrée 2013, propose de la production des régions de France 3. Autour de l’histoire, celle du patrimoine, de la société… les régions de France 3 investissent plus de 10 millions d’euros dans la production de quelque 250 documentaires de 52 minutes chaque année, et en diffusent six jours sur sept, soit au total plus de 5 500 heures par an.

- France 5, chaîne généraliste du documentaire, est le premier diffuseur national de ce genre qu’il aborde dans toute sa diversité. La chaîne y consacre 48 % de sa grille, soit 4 212 heures diffusées, une hausse de 16 % de la programmation en « prime time » en 2012, dont 320 heures produites et 436 achetées. « L’engagement de France 5 en faveur du documentaire est sans faille » insiste Caroline Béhar, responsable de l’unité. (Lire son interview dans ce dossier 18).

- France Ô est devenue, avec 1 500 heures de documentaires programmées en 2013, le deuxième diffuseur du genre, avec une offre alternative et complémentaire à celle des autres chaînes du groupe public, dont elle est la dernière née. Sa ligne éditoriale est inscrite dans son « ADN ultramarin : c’est l’ouverture sur le monde » a expliqué Gilles Camouilly, directeur de l’Antenne et des Programmes. « Notre volonté est de faire du documentaire un outil stratégique de développement de la chaîne. Nous avons multiplié par trois notre budget documentaire en deux ans. Il atteint près de 4 millions d’euros et représente 15 % du coût de la grille » 19. La chaîne a préacheté une centaine de documentaires en 2012.
Une nouvelle case, le samedi, présentée par Laurent Bignolas, « Ô Bout du Monde », magazine documentaire consacré à des quêtes d’aventuriers comme Maud Fontenoy ou Philippe Poupon, vient s’ajouter à la rentrée 2013 aux cinq rendez-vous hebdomadaires déjà présents. « Archipels » et « Outre-mer en Doc » sont les vitrines en métropole de la production des Dom-Tom, diffusées sur les neuf chaînes Première (Martinique 1ère, Guadeloupe 1ère…), qui ont succédé aux chaînes RFO avec le déploiement de la TNT fin 2010 dans les Dom-Tom. Mais les autres cases, autour de l’aventure (« Les Aventuriers d’explô »), de l’enquête (« Investigatiôns »), des cultures métissées (« Ô Mix ») accueillent des productions de toutes provenances que France Ô initie en coproduction ou préachat.

Offre alternative au sein du groupe France Télévisions, France Ô enquête à l’extérieur de l’hexagone, par exemple avec une collection sur « Les Villes violentes » à la rentrée 2013 (Bangkok, Chihuahua, Lagos, Marseille, 4 x 52 minutes).
L’approche de France Ô est aussi événementielle : en juin, une soirée continue a été réservée au centenaire d’Aimé Césaire. Référendum en Nouvelle-Calédonie en 2014, nuit du Festival du film documentaire océanien : autant d’événements inscrits dans l’agenda documentaire de France Ô.

La coproduction internationale est un « défi que France Ô va essayer de relever » dit son dirigeant. Les chaînes Première en outre-mer s’efforcent déjà de s’ouvrir à leur bassin régional : des coproductions sont lancées avec les Iles Samoa, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Brésil (autour du football et de la coupe du monde..). France Ô a coproduit avec la société chinoise CICC un 52 minutes sur le design, « Designed in China » (diffusé le 11 février 2013). Cette prise de contact a débouché sur un accord plus large entre France télévisions et la télévision chinoise CCTV.

Un nouveau chantier attend les chaînes d’outre-mer : celui de l’exploitation de leurs archives, jusqu’ici conservées dans les stations, et actuellement en cours de catalogage et de numérisation avec l’Ina (Institut national de l’audiovisuel). Pour mettre en écriture des projets qui racontent l’histoire des outre-mer avec cette nouvelle ressource, une consultation va être engagée.

- France Tv Nouvelles Écritures : créée en 2011, pour « expérimenter des histoires correspondant aux nouveaux usages », selon son responsable, Boris Razon, la direction des Nouvelles Écritures et du Transmédia de France Télévisions est le laboratoire de formes nouvelles du groupe public, sans frontière de genre : fiction, magazine, animation et documentaire y sont bienvenus. Pour combler le retard du groupe dans ce domaine, par rapport à Arte par exemple, un budget conséquent de 4 millions d’euros par an, dont 1,5 pour le documentaire, a été attribué à cette unité constituée d’une équipe de treize personnes. Le webdocumentaire est l’aspect le plus expérimental de son activité, qu’elle développe de façon autonome. Elle en coproduit quatre à cinq par an. « L’enjeu n’est pas l’audience mais de comprendre et d’identifier les usages de demain » commente Boris Razon, les ressorts de narrations non-linéaires, interactives, qui ne pourraient être racontées sur une antenne 20. Ce qui n’interdit pas d’en tirer un documentaire pour l’antenne : ce fut le cas en 2012 pour « La Campagne en vélo », un « road movie sur les réseaux sociaux » coproduit par France TV Nouvelles Écritures, Rue 89, France Bleu et Playprod 21, qui s’est décliné en film de 52 minutes dans la case « Infrarouge » de France 2.

Les événements transmédia autour d’une programmation événementielle sur les antennes constituent un autre volet de l’activité de l’unité. Ainsi, le 25 novembre 2012, à l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, France Télévisions a diffusé deux documentaires, « Viol, double peine » sur France 5 et « Viol, elles se manifestent » sur France 2. Pour accompagner cette diffusion, une plateforme web Viol, les voix du silence 22, a été mise en ligne le 19 novembre 2012, comme un appel à témoignage. Un livre a été édité à partir des quelque 1 500 témoignages recueillis. Le groupe veut multiplier ce type de plateformes de témoignages et prévoit de réaliser quatre à huit opérations transmédia par an
Il développe par ailleurs des outils plus « industriels » d’accompagnement des documentaires des antennes :
- en amont de la diffusion, un blog édité sur Francetv.info, pour rassembler une communauté autour d’un sujet, nourrir le travail documentaire et anticiper les questionnements de l’audience ;
- en aval, l’édition d’un livre numérique, distribué au prix de 3 euros par France Télévisions Distribution, avec les contenus vidéo du documentaire, enrichis de textes, images... L’ambition est de créer une « encyclopédie numérique des savoirs et de l’actualité ».
Après quelques pilotes en 2013, Boris Razon compte faire monter en puissance ce dispositif : une quinzaine en 2015, une trentaine par an ensuite.


• TV5 : soutenir le documentaire francophone

TV5 fait aussi la part belle au documentaire, indissociables des missions de télévision publique. Avec des moyens bien plus limités qu’Arte et France Télévisions, le soutien de la chaîne francophone, associée par exemple à une télévision locale du câble, peut permettre à quelques films, qui sans elles n’auraient pas vu le jour, d’exister.

Pour diffuser un documentaire par jour, TV5 s’approvisionne pour moitié auprès des chaînes francophones qui la composent (France Télévisions, Arte, RTBF/Radio Télévision belge francophone, RTS/Radio Télévision suisse, Télé Québec et Radio Canada) et, pour une autre moitié, par des acquisitions ou des préachats (environ soixante-dix par an), le plus souvent en deuxième fenêtre de diffusion. Sur un coup de cœur, la chaîne soutient seule un projet dont elle sera le premier diffuseur, mais avec une enveloppe globale d’1 million d’euro par an pour le documentaire, cela reste l’exception et l’apport sera modeste.

De son poste d’observation privilégié de la production documentaire francophone, Louis-David Delahaye, responsable des documentaires et programmes courts de TV5 , fait deux constats23 : les Français produisent beaucoup plus que les autres, et chaque pays fait surtout des documentaires sur lui-même. La case du samedi soir « Cousinades », qui expose les « pépites » de la production francophone, permet à TV5 de programmer des documentaires de société ancrés dans un pays. Car, le plus souvent, cette chaîne généraliste grand public à diffusion mondiale s’attache à des sujets d’intérêt mondiaux (la drogue...), à l’histoire, aux thèmes de la découverte et du voyage, et par vocation, exclusivement à des productions francophones.

Largement consommée sur le Web par des francophones ou francophiles du monde entier, TV5 concentre ses efforts sur cinq à dix webdocumentaires et un gros projet transmédia par an, avec un budget de l’ordre de 40 000 euros par an. En 2012, par exemple, la société de production Narrative a confié des caméras à de jeunes Algériens pour un webdoc intitulé « Un été à Alger », à partir duquel un unitaire de 52 minutes a été monté pour l’antenne de TV5. Autour d’un documentaire sur la construction d’un barrage en Ethiopie, un projet est en cours sur la thématique des « Femmes et l’eau », avec le Web, l’antenne, et Terriennes, le site internet de TV5 consacré à la condition des femmes dans le monde. Terriennes propose une sélection de documentaires sur la condition des femmes, qui restent en ligne bien après leur diffusion sur l’antenne 24. Autour de Versailles, et de l’histoire d’objets du château, c’est un webdocumentaire entièrement réalisé en interne qu’a produit TV5 et les soixante-dix vidéos qu’il contient sont autant de modules courts (2 minutes), diffusés à l’antenne.
Désormais identifiée pour cette politique de webdocumentaire, TV5 reçoit deux à quatre projets par semaine. Sur le Web, elle s’associe parfois avec Arte, par exemple en créant un site sur les indépendances africaines, qui bénéficie de la visibilité internationale de TV5.


• LCP-Assemblée nationale et Public Sénat : une programmation ambitieuse

LCP-Assemblée nationale (LCP-AN) et Public Sénat ont elles aussi une programmation de documentaires ambitieuse, considérée comme complément indispensable au flux de l’information politique qu’elles diffusent aux citoyens. « Face au vertige de l’information en continu, les documentaires imposent cette distance nécessaire pour une nouvelle expérience du réel. Ainsi, l’écriture documentaire vient indispensablement renforcer les moyens d’expression et de connaissance proposés à l’antenne à travers les journaux, les magazines et autres débats » explique LCP-AN, la chaîne de l’Assemblée nationale.

Depuis septembre 2013, LCP-AN programme un documentaire chaque jour en « prime time », sauf le mercredi : histoire contemporaine le lundi, politique le mardi, société et économie le jeudi, International le vendredi suivi d’une case « Grand Écran » (documentaire et débat). En tout, elle programme huit documentaires différents par semaine, rediffusés quatre ou cinq fois chacun sur une période de quarante jours, la multidiffusion étant la règle pour les chaînes du paysage audiovisuel dit de complément. 70 % sont des achats, presque exclusivement sur des catalogues de productions françaises. Le budget achats a donc quasiment doublé avec le renforcement de la programmation en première partie de soirée et l’enveloppe globale consacrée au documentaire (achat, préachat, coproduction) passe de 190 000 à quelque 230 000 euros. LCP coproduit, parfois avec des chaînes locales ou thématiques (Télé Essonne, Clermont Première, Télé Toulouse, ou Histoire, toute l’histoire…) environ quinze projets par an dont elle s’assure la première diffusion et qui lui permettent d’afficher sa propre ligne, et en préachète autant, en deuxième diffusion, derrière FranceTélévisions, Arte, Planète...

Isabella Pisani, responsable des documentaires chez LCP revendique de coproduire des projets sans aucun « formatage », sans demander, comme les grandes chaînes, un rythme accrocheur dès les cinq premières minutes. D’un film tourné en immersion chez Pôle emploi en Seine-Saint –Denis, à une plongée dans la post révolution lybienne, « Misrata An zéro », en lybien sous-titré, LCP, comme certaines chaînes locales, laisse aux auteurs une liberté que les grandes chaînes n’autorisent pas. Mais si elles offrent un débouché à des projets dont d’autres n’ont pas voulu, leurs ressources sont modestes. LCP investit au mieux 12 000 euros sur un projet — soit dix fois moins que les grandes chaînes publiques — ,« au producteur d’aller ensuite trouver d’autres partenaires » poursuit Isabella Pisani 25.

C’est rarement Public Sénat, l’autre chaîne parlementaire, qui a une ligne éditoriale proche mais avec laquelle LCP-AN ne coproduit qu’exceptionnellement un projet. Pour « Le docu-débat » du samedi à 22 heures, Public Sénat achète ou coproduit une cinquantaine de documentaires par an dont des inédits d’auteurs, sur des problématiques qui font partie de l’actualité ou du débat public. La série « Attention Grands travaux », produite par la société Point du Jour, revient sur le terrain d’un grand chantier pour en étudier les impacts. Avec la case « Les dessous de la mondialisation », série documentaire de 29 minutes, Public Sénat a élargi son offre à la rentrée 2012.
 

Chaînes privées gratuites et documentaires à définition variable…

Essentiel à l’identité des chaînes publiques, le documentaire l’est beaucoup moins pour les chaînes commerciales comme TF1 et M6, qui mettent dans ce genre des programmes très divers et ne lui dédient pas de cases spécifiques.


• TF1 : le documentaire de création en recul

En 2011, dernier chiffre disponible certifié par le CSA, TF1 a consacré 1 010 heures à la diffusion de magazines et documentaires (source Bilan TF1 CSA 2011 26). Si ce volume était en progression par rapport à 2010 (931 heures), il englobait aussi bien les magazines de la rédaction tels que « Reportages » ou « 7 à 8 » , que des documentaires au sens strict comme ceux de la collection « Histoires naturelles »… diffusés au cœur de la nuit.

Si l’on s’en tient au documentaire de création, TF1 a déclaré auprès du CSA un volume de 243 heures, qui comprend la série « Baby Boom », qui consiste à filmer 24 heures sur 24 le quotidien d’une maternité, dans un style à la frontière du documentaire et de la télé-réalité, et est diffusée chaque semaine, sur plusieurs mois, vers 23 heures.
Mais selon le CNC, qui définit plus strictement le documentaire de création, le volume horaire de documentaires aidés par le Cosip commandés par TF1 est en recul pour la deuxième année consécutive en 2012, à 25 heures dont 23 en tant que premier diffuseur (contre 28 heures, toutes en tant que premier diffuseur en 2011). L’apport financier a lui aussi reculé à 2,5 millions d’euros (-9,3 %), c’est-à-dire 1,1 % des investissements de l’ensemble des chaînes nationales gratuites en 2012.

En s’en tenant à une définition large du documentaire, TF1 affirme avoir « profondément fait évoluer son offre de magazines et documentaires au cours des dernières années. L’antenne a poursuivi et développé la diffusion des documentaires diffusés dans les magazines « Appel d’urgence », « 7 à 8 » ou encore « Reportages », dont la durée est passée de 26 à 90 minutes hebdomadaires en début d’année 2013. Et TF1 intègre désormais de nouvelles formes de narration documentaire telles que « Baby boom », dont la deuxième saison a été diffusée en septembre 2012 et est d’ores et déjà reconduite pour 2013 ».


• M6

En 2012, M6 a diffusé 148 heures de documentaires unitaires, auxquels il faut ajouter tous les documentaires intégrés dans les 1 000 heures de magazines tels que « Zone Interdite » (60 heures), Capital (88 heures), « Enquête exclusive » (52 heures), « 66 minutes »...
En production totale, les documentaires ont représenté un investissement annuel d’environ 23 millions d’euros pour la chaîne M6.

S’agissant des investissements déclarés au CNC pour l’année 2012, M6 a financé 123 heures de documentaires aidés, pour un montant de 12,3 millions d’euros en 2012. Le bilan du CNC 2012 précise que M6 travaille avec vingt-deux producteurs, dont vingt et un indépendants qui fournissent 93,5 % des heures déclarées.
De l’expérience en immersion de « Zita dans la peau de … » une obèse, un vétérinaire, une naturiste.. à des sujets d’actualité politique, comme le film de la journaliste Mélissa Theuriau et de la réalisatrice Ghislaine Buffard sur les électeurs du Front national, dans le magazine « Zone Interdite », la ligne éditoriale oscille entre sujets de sociétés et reportages liés à l’actualité.

Mais M6 monte de loin en loin de grands événements documentaires. Ce fut le cas en histoire en 2011, avec « Hitler la folie d’un homme », ou « 50 ans qui ont changé notre quotidien, de la petite épicerie aux courses sur Internet ». En 2013, elle s’attaque à un grand sujet scientifique, l’origine de l’homme, revisité par les dernières découvertes archéologiques et scientifiques. « First Man » (Premier homme), en 90 minutes ou 2 x 45 minutes, sera la première grande coproduction documentaire internationale de M6, avec notamment la télévision chinoise CCTV, dotée d’un budget de 5,5 millions d’euros. La part d’investissement de M6, « très importante » demeure confidentielle. Tourné entre janvier et février 2014 en Afrique du Sud et en Chine, pour une mise à l’antenne en 2015, le film fait appel à des technologies innovantes mélangeant images 3D, capture de mouvements et prise de vues réelles de comédiens jouant les premiers hommes et leur évolution sur 15 millions d’années. Cet événement se déclinera sur d’autres émissions de M6, avec un numéro spécial du magazine scientifique « e= M6 », des prolongements transmédia, des émissions sur d’autres chaînes du groupe (6Ter..).


• TMC, W9, NRJ12, D8 : documentaires ou reportages ?

Les autres chaînes hertziennes nationales (TMC, W9, NRJ12, D8), on l’a dit (voir la partie 1 « Quelle place pour le documentaire à la télévision ? » ), si elles ont multipliés par quatre leur volume de production en 4 ans, diffusent essentiellement du documentaire qui relève du reportage autour d’enquêtes policières ou de thèmes de sociétés traités sur le ton du divertissement (« Factual entertainment »).

- W9 (groupe M6) a ainsi diffusé en 2012, 111 heures de documentaires et 660 heures de magazines et documentaires dont, dans cette seconde catégorie, « Enquête d’action » : 354 heures, « Encore + d’action » : 46 heures ; « Enquêtes criminelles » : 127 heures ; « Vies Croisées » : 22 heures.

- Et 6Ter, la dernière née du groupe M6 fin 2012, approche le genre documentaire par le prisme qu’affectionne le groupe : les reportages insérés dans des magazines avec « Secrets de Fabrication », magazine de consommation, et « Xplora », magazine de découverte.

- Quant à RMC Découverte (groupe Nextradio), elle aussi née sur le réseau hertzien fin 2012, conventionnée comme une chaîne documentaire, elle doit consacrer 75 % de sa grille à ce genre. Elle revendique une ligne éditoriale de « Factual Entertainment », sur les thématiques « Histoire & Investigations », « Sciences & Technologies », « Aventures & Animaux », « Voyages & Art de vivre », « Real Life ». Avec « style de narration plutôt anglo-saxon » explique Guénaelle Troly, directrice des programmes et de l’antenne 27, qui s’écarte donc du documentaire de création à la française. Dotée d’un budget programmes de 14 millions d’euros par an, depuis son lancement, ce sont des achats sur des catalogues britanniques, américains, mais aussi belges, suisses, français, qui ont alimenté la grille avec des séries spectaculaires, disponibles en grands volumes, pour les diffuser à un rythme quotidien, comme « Billy L’exterminateur » (expert en dératisation, désinsectisation…), « L’Enfer des prisons », « Top Gear » (sur les voitures, diffusée depuis 30 ans sur la BBC).

Progressivement, elle augmentera ses volumes de préachat auprès de producteurs français, pour remplir ses obligations, et au-delà, assure la dirigeante. Pour la saison 2013-2014, une quinzaine d’heures de production ont ainsi été lancées, avec un apport de la chaîne allant de 40 à 80 000 euros pour un 52 minutes, comme « En Route » (Bo Travail), tour du monde d’une globetrotteuse, « Matricule Canin » (les chiens policiers) ou « Le Grand stade de Lille », produits par Docland Yard, la filiale de Gédéon Programmes dédiée à la production de séries et magazines documentaire à faible coût.
 

Canal + : des documentaires de prestige sur la TV payante

En tant que chaîne premium, Canal+ s’efforce de proposer à ses abonnés des documentaires de prestige. Ainsi, environ une fois par mois, elle programme un « événement » documentaire en « prime time ». « Comprendre le monde, donner la parole à ceux qui le font avancer, engager les spectateurs dans une expérience participative » sont les lignes de force de cette programmation, expliquait Christine Cauquelin, responsable des documentaires, au Sunny Side en juin 2013.

La diffusion du documentaire sur « Le Grand gaspillage alimentaire » en octobre 2012, autour de laquelle Canal+ s’est associé à des opérations de sensibilisation (comme une Disco Soup géante sur le parvis de l’Hôtel de Ville à Paris), s’inscrivait parfaitement dans cette ambition. Dans la lignée de « Yougoslavie Suicide d’une nation », de Brian Lapping que Canal+ coproduisait en 1995 avec la BBC, la chaîne poursuit le décryptage de l’histoire immédiate du monde, avec « Irak, 10 ans après », produit par Brian Lapping et Norma Percy, qui a nécessité quatre ans de travail.

Mais les « prime-time » documentaires de Canal+ se penchent aussi sur la France, avec des sujets autour des élections, du Made in France, traité à travers une expérience de consommation 100 % Made in France. Expérience encore d’improvisation en milieu scolaire, pour traiter des blocages de la société française : « Liberté , égalité improvisée », avec Jamel.
Les secondes parties de soirée sont « notre laboratoire, où l’on fait des essais » poursuit Christine Cauquelin 28, comme regarder vivre des enfants dans une cour d’école maternelle (« C’est pas du jeu »), saisir l’opportunité des résultats du football féminin pour mettre à l’antenne le documentaire « Un vrai sport de gonzesse » ou de la sortie du film « Les Kaïra » pour traiter en documentaire de la culture « caillera ».

Chaque dimanche après-midi, Canal+ emmène les foyers abonnés à la découverte d’un pays, avec l’un des treize aventuriers des « Nouveaux explorateurs », rediffusés tous les jours de la semaine à 13 heures, à destination d’un public familial.

Le soutien de Canal+ aux longs métrages de cinéma inclut aussi des préachats de documentaires, qui trouvent place à l’antenne un an après leur sortie en salle. C’est le cas de « Sugar Man » sur le musicien Rodriguez, sortie en 2012 ou de « Free Angela » (sur Angela Davis). En 2012, la chaîne a diffusé 23 longs métrages documentaires. Seule Arte a fait plus (58).
 

Thématiques documentaires, chaînes locales : des économies sous pression, des soutiens au genre

Les « petites chaînes », qu’elles soient thématiques payantes ou locales, contribuent à la vitalité du genre, par exemple en permettant à de jeunes réalisateurs de faire un premier film, en apportant un complément de financement vital même s’il est réduit. Parmi elles, Planète+ bénéficie de l’ancienneté historique et de l’adossement au groupe Canal+, plus tourné vers le documentaire exigeant que d’autres groupes proposant des chaînes thématiques.

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Source : « Guide des chaînes numériques 2013 », Paris, CSA, DGMIC, CNC, A.C.C.e.S., SNPTV, 26 mars 2013.


• Planète + et ses déclinaisons : innover pour exister dans l’univers payant

Planète + et ses déclinaisons, Planète Justice, Thalassa, No limit, ainsi que la chaîne Seasons, forment le pôle des « Chaînes découvertes du groupe Canal + ». Leur équation, résume le directeur du pôle, Olivier Stroh : « continuer à exister dans l’univers payant, aux côtés de concurrents américains déployés à l’échelle mondiale (Discovery et National Geographic), et d’une offre de chaînes gratuites de plus en plus foisonnante » 29. Pour la résoudre : innover.
« Les préachats doivent nous aider à mener ce combat, nous servir de vitrines. Nous mettons donc de gros moyens sur un ou deux projets par an et nous essayons de trouver de nouvelles écritures » poursuit Olivier Stroh. À budget constant, Planète+ a décidé de soutenir moins de projets (quinze à vingt par an, au lieu du double avant) mais avec un apport plus important (90 à 120 000 euros par film, voire davantage dans certains cas).

Ainsi, la vie de J. Edgard Hoover, le patron du FBI de 1924 à 1972, déjà traitée dans un documentaire de National Geographic, sera-t-elle racontée sur Planète+ sous forme d’une adaptation du livre « La Malédiction d’Edgar » (2005), réalisée par l’auteur lui-même, Marc Dugain, qui qualifie le film qui sera mis à l’antenne en octobre 2013, de fiction « documentée ». Autre projet phare, « Une journée dans la vie d’un dictateur » (Maria Roche Production), replace plusieurs dictateurs dans les décors réels de leur vie, pour saisir leur intimité au quotidien. « Pour ces préachats pour une première fenêtre de diffusion, nous passons systématiquement une convention de développement » assure Olivier Stroh, qui espère, avec ce temps de développement, « libérer producteurs et réalisateurs de l’autocensure qu’ils ont intégrée pour se couler dans les attentes des chaînes ».

Les petites sœurs de Planète+, Planète Justice ou No limit, face à la pression des chaînes gratuites de la TNT, ont du mal à se distinguer. Elles ne programment presque plus d’unitaires, mais uniquement des séries documentaires, souvent incarnées, en immersion dans un tribunal, un commissariat, une gendarmerie… L’accord conclu en avril 2013, entre le Groupe Canal + et le groupe américain A&E (137 chaînes dans le monde), va leur permettre un approvisionnement prioritaire en programmes de A&E. Seasons, au contraire, destinée à un vrai public de passionnés de chasse et de pêche, finance presque tout de ce qu’elle met à l’antenne, sans faire d’acquisitions.


• TF1 et AB Group : la logique du bouquet thématique

À côté des Américains Discovery Channel et Fox (National Geographic et Voyage), et de Canal+, deux autres groupes français éditent un bouquet de chaînes thématiques à dominante documentaire : TF1 et AB Group. La mécanique des grilles des chaînes thématiques passe par la multidiffusion d’un même programme. Cela réduit le besoin en approvisionnement d’inédits. Mais l’économie réduite de ces chaînes leur interdit de lancer des productions ambitieuses. Leur investissement annuel en production pour des commandes destinée à une fenêtre de première ou deuxième diffusion, n’atteint pas le 1 million d’euros pour quelques dizaines d’heures par an.

- Le pôle Découverte du groupe TF1 est constitué d’Histoire, Stylia (art de vivre) et Ushuaïa TV (consacrée aux beautés de la planète et à la découverte des peuples). Cette dernière, dont la grille est à 70 % en haute définition, a cofinancé 48 heures de programmes en 2012 selon le bilan du CNC (une centaine selon le groupe TF1).

- Le groupe AB, avec cinq chaînes documentaires sur les dix-sept qu’il édite — Animaux, Chasse et Pêche, Encyclo, Escales et Toute l’histoire — s’approvisionne surtout sur des catalogues étrangers. Il produit aussi autour de 80 documentaires unitaires par an dont les budgets globaux ne dépassent pas 100 000 euros. Ces dernières années, selon Richard Marocco 30, directeur des chaînes AB, la concurrence de Discovery et National Geographic, qui émettent depuis Londres et ont moins de contraintes (quotas de diffusion de programmes européen, de production..), rend la situation de ses chaînes plus difficiles. À la concurrence pour l’audience, s’ajoute la « bagarre pour acheter les meilleurs programmes » sur le marché international. Si ces chaînes vivotent, leur présence est toutefois nécessaire pour convaincre les distributeurs (CanalSat, câble, opérateurs de télévision par Adsl) de reprendre le bouquet de chaînes AB dans leur offre et les abonnés d’y souscrire et pour avoir une offre complète. Et de temps à autre, un documentaire permet de faire du « buzz » et de l’image.


• Les locales : petits moyens, grande liberté éditoriale

Malgré leurs moyens limités certaines chaînes locales remplissent aussi une fonction de contribution à la vitalité et à la diversité du genre. Et, en contractant des contrats d’objectifs et de moyens avec les collectivités locales, ces chaînes soutiennent la filière audiovisuelle en région, permettant à des sociétés de production de se développer notamment autour du documentaire 31.

En 2012, 43 diffuseurs locaux ont investi 9,4 millions d’euros dans la production de 383 heures de documentaire dont 294 en tant que premiers diffuseurs, selon le CNC. Ces chaînes locales sont ainsi à l’origine de 10,1 % des volumes de documentaires produits en 2012 (9,7 % en 2011). Chaînes du câble (Téléssonne), hertziennes (TV Rennes), elles compensent parfois l’extrême modicité de leurs apports par une grande liberté éditoriale laissée aux auteurs.
 

Une mutation aigüe

L’explosion du documentaire sur les écrans de télévision est à la fois signe de la vitalité du tissu créatif et de la dissolution des frontières du genre vers le divertissement, l’information, voire la télé-réalité…

Entre de grandes chaînes publiques, qui s’efforcent de soutenir le documentaire d’auteur mais cherchent de nouvelles formes pour atteindre le public et suivre ses nouveaux usages et d’autres chaînes qui accommodent le réel en spectacle, le documentaire vit, comme l’ensemble du secteur audiovisuel une mutation aigüe.

Les horizons infinis qu’ouvrent le bimédia, le webdocumentaire, les écritures transmédia, n’ont pas encore trouvé leurs publics et leurs modèles économiques. Mais ils sont déjà le laboratoire d’une création renouvelée.

Isabelle Repiton, journaliste, août 2013

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1. Voir « Le marché du documentaire en 2012. Télévision et cinéma, production, diffusion, audience », étude CNC, juin 2013. 

2. Voir « Guide des chaînes numériques 2013 », Paris, CSA, DGMIC, CNC, A.C.C.e.S., SNPTV, 26 mars 2013.

3. Voir « Le marché du documentaire en 2012. Télévision et cinéma, production, diffusion, audience », étude CNC, juin 2013.

4. Jean-Baptiste de Montvallon, « Documentaire. Le royaume de l’uniforme » in « Le blues du documentaire », Paris, Le Monde, 16-17 juin 2013.

5. « Palmarès documentaire des diffuseurs. Temps d’antenne, horaires, rediffusions », Scam, 26 juin 2013.

6. Jean-Xavier de Lestrade, « Le documentaire télévisé ne s’arrête plus sur les silences », propos recueillis par Martine Delahaye, Paris, Le Monde, 7 mars 2012. 

7. Conférence de presse France Télévisions, Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 26 juin 2013.

8. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 28 juin 2013.

9. Depuis septembre 2011, Arte France a réorganisé le documentaire en trois grandes unités : « Société et culture », Arts et spectacles » et « Découverte et connaissance ».

10. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Sunny Side of the docs, La Rochelle, 27 juin 2013.

11. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Sunny Side of the docs. La Rochelle, 27 juin 2013.

12. Voir « Manifeste pour le documentaire. Le documentaire n’est pas un sujet mais une expérience », Paris, France Télévisions, janvier 2012.

13. Voir « Guide des producteurs », France Télévisions ».

14. « Apocalypse. 2ème guerre mondiale », de Jean-Louis Guillaud, Henri de Turenne, Isabelle Clarke et Daniel Costelle, réalisée par Isabelle Clarke, coproduction CC&C – Ecpad, France 2, 2009.

15. Déclaration au Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 26 juin 2013.

16. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Sunny Side of the Doc. La Rochelle, 28 juin 2013.

17. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 26 juin 2013.

18. Voir dans ce même numéro l’interview receuillie par Isabelle Repiton : “France 5 : chaîne grand public de tous les documentaires”, entretien avec Caroline Behar, E-dossiers de l’audiovisuel “Le documentaire, un genre multiforme, septembre 2013.

19. Point presse au Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 26 juin 2013.

20. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 26 juin 2013.

21. Voir le site « La campagne à vélo », France Tv Nouvelles Écritures.

22. Voir le site « Viol, les voix du silence », France Tv Nouvelles Écritures.

23. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Paris, 3 juillet 2013.

24. Voir « Terriennes. Le premier portail dédié à la condition des femmes dans le monde ».

25. Entretien téléphonique avec Isabellle Repiton. 26 juillet 2013.

26. Voir « Bilan de la société TF1 – Année 2011 », CSA, 28 septembre 2012.

27. Propos recueillis par Isabelle Repiton, Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 28 juin 2013.

28. Conférence de presse au Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 26 juin 2013.

29. Conférence de presse au Sunny Side of the Doc, La Rochelle, 26 juin 2013.

30. Entretien téléphonique, juillet 2013.

31. Voir « La participation des télévisions locales à la production audiovisuelle en 2012 », TLSP (Union des télévisions locales de service public), 2013.