La fiction à l'heure du transmedia - Bilan

Résumé de l'étude de cas du 13 septembre

La fiction à l’heure du transmédia :
étude de cas « Plus Belle la Vie Numérique »

Jeudi 13 octobre 2012 
Festival de la fiction TV, La Rochelle (Brasserie des Dames)


En présence de : 
Benjamin Faivre et Hubert Besson, producteurs, Telfrance Série
Olivier Szulzynger, directeur de collection de « Plus Belle la Vie »
Christophe Cluzel, responsable économie Nouvelles Ecritures, France Télévisions Distribution
Christine Coutin, conseillère de programmes, France 3

Modéré par Jérémy Pouilloux, président, Transmedia Immersive University 
Avec Jean-Claude Mocik, réalisateur et responsable pédagogique de la filière « Conception, écriture, réalisation », Ina EXPERT


Lors de la 14e édition du Festival de la Fiction TV à La Rochelle, le Club Ina EXPERT et Transmedia Immersive University ont organisé une étude approfondie des extensions transmedia proposées par Telfrance Série et France Télévisions autour du feuilleton à succès « Plus Belle la Vie ». 
Construit sous forme d’Alternate Reality Game (ARG), « Plus Belle la Vie Sous Surveillance » a entraîné les internautes dans une aventure de plusieurs mois, en oscillant constamment entre fiction et réalité.

Plus Belle la Vie Sous Surveillance

Après des incivilités sur la place du Mistral, des caméras de surveillance sont installées dans le quartier. En réaction, un des personnages de la série, Ninon, journaliste, décide de lancer un blog autour de la vidéosurveillance. Celui-ci est mis en ligne sur le web simultanément à sa création dans la série et comptabilise instantanément 1.800 visites. C’est le « Rabbit Hole » de l’ARG, c’est-à-dire son point d'entrée.
Par la suite, un hacker pirate les caméras disposées sur la place du Mistral et met des images en ligne, de plus en plus compromettantes pour les habitants du quartier.

L'ARG a été déployé en 6 temps :
- Incivilités place du Mistral et mise en place des caméras.
- Hacking des caméras qui incriminent les habitants. Lancement d'un débat sur la vidéosurveillance.
- Un des personnages explique comment craquer le site pour accéder aux caméras de surveillance. Les spectateurs sont invités à cracker un code sur internet. La vidéo que les internautes découvrent dans l'après-midi est ensuite expliquée dans l'épisode quotidien. Les réseaux sociaux ont servi à relayer la solution (l’énigme était assez compliquée). La vidéo est relayée sur le web « IRL » (« in real life ») mais aussi au sein de la série.
- Pendant les Jeux Olympiques, la diffusion de « Plus Belle la Vie » est interrompue. La production met en place un faux hacking de la chaîne autour du personnage du hacker, « Le Vigilant ». L'expérience transmedia n'est toujours pas déclarée comme telle. Cela permet de tenir en haleine l'audience habituelle. À ce moment là, l'opération touche aussi les gens qui ne regardent habituellement pas la série.
- Le Vigilant va trop loin. La journaliste poste un message sur son blog et demande de faire crasher le serveur de surveillance par une attaque DDOS. C'est une demande directe aux spectateurs. L'opération marche et près de 10.000 connexions sont enregistrés. De vrais hackers se mêlent à l'opération.
- On révèle l'ARG au public : les spectateurs et les internautes ont désormais conscience qu’il s’agit d’un jeu et disposent d’une semaine pour prouver l'identité du Vigilant.

Après la présentation des temps forts de l’ARG, cette rencontre a été l’occasion de faire un premier bilan de l’expérience, qui a pris fin le lundi 17 septembre à l’antenne.
Premier enseignement : ce type de dispositif se construit sur le long terme (4 mois ici, d’avril à septembre). 
L'implication de la communauté a été graduelle : ainsi, les réactions sont progressivement passées de 200 à 7000 likes sur les posts FB concernant cette intrigue 
L’ARG s’est adapté à une forte « fan culture » : volonté de contenus exclusifs, d'infos supplémentaires sur les personnages et la vie du quartier.

Ensuite, rien de tout cela n’aurait été possible sans l’accord et le soutien sans réserve de la chaine. La relation producteur-diffuseur est essentielle dans ce cas de figure et s’en trouve ensuite renforcée.
Plus de deux heures d'images ont été filmées pour développer cette arche narrative. L'écriture a été calibrée pour que le contenu internet corresponde à un récit étendu avec un impact sur plus de 38 épisodes TV. Une des raisons du succès de l’expérience fut l’existence d’un arc narratif fort à l’antenne (le débat autour de la vidéosurveillance), en conformité avec la ligne éditoriale du feuilleton qui aborde des questions sociétales depuis ses débuts.


Le spectateur et l'internaute ne devaient pas sentir que le projet était piloté par la production et par la chaîne. La communauté de fans actifs de la série existait déjà et tout l'intérêt était dans l'analyse de cette expérience "second screen", réalisée sans aucune communication spécifique. 
La réactivité a été la clé de la réussite de l'opération. Une équipe très réduite a donc été constituée, au sein de la production et du diffuseur, pour travailler dans les meilleures conditions possibles.

Ce projet a été une expérience conçue sur mesure pour le feuilleton de France 3 et ne se revendique pas comme un modèle applicable à tous les programmes ; néanmoins cet exemple démontre qu’on peut aujourd’hui développer le transmedia à travers une marque préexistante et populaire.

L'étude de cas de "Plus belle la vie sous surveillance" sera reprise lors de la première édition de l'événement I LOVE TRANSMEDIA, qui se déroulera du 18 au 20 octobre 2012 au CNAM à Paris. Infos et inscription sur ilovetransmedia.fr.

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